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En vadrouille #2 : Dégustation au Clos de l’Élu

En vadrouille #2 : Dégustation au Clos de l’Élu
Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, l’équipe de Petitescaves.com se rend chez les vignerons. Pour déguster et échanger bien sûr, mais aussi pour mieux comprendre les hommes et les femmes qui font le vin. Allez, zou ! Prenons la route du Clos de l’Élu.

On a connu pire pour débuter une semaine. Grimper dans une voiture et filer au cœur de la vallée du Layon. Goûter les vins de Thomas et Charlotte Carsin. Voilà deux choses qui nous rappellent combien nous aimons notre métier. À peine arrivés en Anjou, la pluie apparaît puis cesse une fois l’entrée du Clos de l’Élu franchit. Un signe ! Un timide rayon de soleil nous accueille en compagnie des aboiements amicaux de Feydeau, le chien de la maison.

L'arrivée au Clos de l'Elu

Charlotte ne tarde pas à venir à notre rencontre. Petit café dans la cuisine en attendant Thomas, parti faire un tour dans les vignes et nous fonçons au chais pour déguster, verre à la main. Sur notre gauche, les blancs. Les barriques et les cuves couvent les cuvées Roc’h Avel, Désirade et Bastingage. 

La pipette est prête à se jeter dans le vin naissant. Nos verres et nos gosiers n’attendent que ça ! Roc’h Avel nous appelle ; un chenin issu de vieilles vignes, tout en fraîcheur, qui explore les notes d’anis (bien comme il faut) et les arômes de poire. Simple, efficace. Le bavardage se mêle à la dégustation, pendant que Thomas file vers les barriques de 400 L où loge pendant 10 mois un pur sauvignon complexe et davantage végétal, Désirade, que l’on prendra plaisir à venir goûter une nouvelle fois dans quelques mois. Tout comme Bastingage, l’une des cuvées phare d’ici. Ce chenin merveilleux, profond, charmeur de palais que nous aimons tous avoir dans la cave.

Dégustation des blancs

Entre temps, nous faisons plus ample connaissance avec Damien, le second d’exploitation. Autodidacte et mordu de vin, il tenait un rôle de sommelier dans un restaurant du XVème à Paris avant d’atterrir au Clos de L’Élu. Son enthousiasme et son dynamisme sont communicatifs. Il partage son temps entre la vigne et la cave, et touche même parfois au commercial. La polyvalence est ici une règle, Thomas en est convaincu. C’est dans ces moment précis que l’on se dit qu’il existe peu de métier qui demandent autant de compétences que celui de vigneron.

La dégustation se poursuit. Les hostilités commencent par le pineau d’aunis, cépage précieux et en forme. De la souplesse, des arômes poivrés en fin de bouche. Typique. On se déplace vers le fond, là où se rangent notamment les barriques de Magellan et d’AiglerieLe premier révèle une belle structure tannique, l’assise est escortée par des détails de cassis sans en dire plus pour l’instant. Patience, patience… Concernant la deuxième cuvée, les barriques placées côté Nord proposent des cabernet avec un petit côté truffé au nez et amples en bouche alors que les cabernet franc exposés Sud semblent plus détendus, sur le fruit et la fraîcheur. On passe de barrique en barrique, histoire de déchiffrer les secrets de la cuvée… hmmm !

Un mystère que l’on continuera d’essayer de percer pendant le déjeuner. Thomas Carsin embarque deux mises en bouteilles. On file dans le bourg chercher du pain, des endives, de l’andouille et hop le tour est joué. À la bonne franquette. Jean-Pierre, l’un des piliers du Clos de l’Élu passe dire bonjour, casquette vissée sur la tête. Voilà 25 ans qu’il bichonne les vignes du vignoble. Même s’il a dû s’adapter aux principes de l’agriculture biologique lors de l’arrivée du couple Carsin, Jean-Pierre s’est vite acclimaté et est, depuis, très pointilleux sur le sujet. Damien propose d’ailleurs d’ériger une statue à sa gloire à Saint-Aubin-de-Luigné pour son départ en retraite. Une statue que pourrait d’ailleurs revendiquer l’équipe entière, tant le travail y est considérable et essentiel.

Après neuf ans, le Clos de l’Élu tient désormais une place de choix chez les amateurs de bonnes choses et fait de lui le représentant parfait de l’Anjou Noir. Nous n’avons qu’une chose à dire à toute la charmante équipe : « merci pour ce moment ! »

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