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Salons #1 Angers et Saumur : 72 heures chrono

Salons #1 Angers et Saumur : 72 heures chrono
Du 4 au 6 février dernier, quatre salons incontournables se tenaient à Angers et Saumur pour les passionnés des vins naturels : Les Pénitentes, Grenier St Jean, Les Anonymes et La Dive Bouteille. Evidemment, l’équipe de petitescaves.com était de la partie. Prêt à passer 72h chrono avec nous ?

LES PENITENTES

Voilà un samedi matin comme le mois de février en propose peu, doux et ensoleillé. Angers se réveille doucement mais l’Hôtel des Pénitentes, lui, se tient prêt à recevoir des professionnels du vin naturel de tous horizons. Il y a là des restaurateurs japonais, des importateurs canadiens, des scandinaves lookés… Tout ce petit monde traverse les allées de cette ancienne abbaye érigée à la fin du XVème siècle puis transformée en maison pour filles pénitentes (d’où le nom) au XVIIème, verre et bloc-note en main, sourire gourmand aux lèvres.

 

 

 

 

 

 

Mais la véritable action se passe face aux tonneaux des vignerons. Notre premier stand ? Les vins de Fred Cossard du domaine de Chassorney en Bourgogne. Des blancs resplendissants, reflets parfaits des différents terroirs qu’ils travaillent. De la Bourgogne en bouteille qui titille le palais, ample et profonde. La journée commence bien !

Nous voilà lancés, ça tombe bien, Emile Heredia et son Domaine des Dimanches est à deux mètres de là. Des cuvées qui goûtent à merveille, du pur plaisir. Mention spéciale pour les cuvées 100 % Carignan Un dimanche à la campagne et Un drôle de dimanche.
La suite se passe à l’étage, on tombe nez-à-nez avec Thomas Pico ; allez hop, on goûte. Des Chablis à tomber, précis, un vrai coup de cœur ! Après ça, place à Jean-François Nicq et ses flacons de grenache étonnants à la personnalité folle. Un vrai régal.
Le temps file à toute vitesse. Passage éclair (bon, pas si éclair que ça…) chez nos vignerons adorés, Dominique Belluard, Dominique Derain, Patrick Meyer, Thierry Puzelat et déjà, les Greniers Saint-Jean nous attendent.

LES GRENIERS SAINT-JEAN & L’HOPITAL SAINT-JEAN (« RENAISSANCE »)

Quelques minutes de marche pour apprécier les ruelles angevines et nous arrivons à bon port. Loin de l’image d’un grenier poussiéreux, la bâtisse médiévale est magnifique et impressionne. La déambulation commence, elle est parfois difficile tant l’affluence est à son comble en ce début d’après-midi.
Un p’tit coucou à Alice et Olivier De Moor, une dégustation une fois de plus sympathique, quelques photos, et nous voilà repartis à sillonner les couloirs quand tout à coup, le savoyard Yann Pernuit se dresse sur notre chemin. Son Altesse 2015 est un délice avec un côté mentholé et une belle minéralité. Merci Yann. Un peu plus loin, le jeune alsacien Antoine Kreydenweiss et son Riesling, fin et parsemé d’agrumes, fait un malheur dans notre gosier.

Jour de crunch oblige, passage par le Sud-Ouest. Fabien Jouves évidemment et ses malbecs souvent fins, parfois sérieux et toujours archi-bons ! Prochaine halte avec Grégoire Rousseau, nos verres se tapissent d’une cuvée nommée Fusain, sur des vieux merlots ; minéralité incroyable et prenante, du fruit, une belle puissance. Whaoouu !!

Bien sûr, Michèle Aubéry, Jean David (et son fameux bonnet) seront nos derniers arrêts, mais vous savez déjà à quel point nous aimons leurs vins. Pendant ce temps, Henri Milan, se balade joyeusement, parle fort et rit avec chacun. Les dégustations s’enchaînent, les minutes aussi, il est d’ailleurs temps d’aller à l’Hôpital. Enfin à l’Hôpital Saint-Jean, pour continuer notre parcours de santé…

Édifice majeur de l’art gothique de l’ouest de la France, ce bâtiment abrite à l’année le Musée Jean Lurçat (tapisserie contemporaine) et pour deux jours quelques 60 vignerons ligériens et 6 vignerons corses. Un beau mélange.
Le Muscadet d’abord avec les vins de Jean-Jacques et Remi Bonnet, expressifs, généreux, typiques d’un terroir, et ceux de Frédéric Niger, toujours impeccables, de beaux rouges également. On circule, Jacques Carroget du domaine La Paonnerie nous accueille avec un grand sourire et quelques délicieuses gouttes des Coteaux d’Ancenis. Vient l’Anjou, on tombe sur la vedette Richard Leroy, on échange vite fait, le stand étant overbooké de dégustateurs avisés. Surgissent ensuite les chenins secs du domaine Juchepie, produits trop rares et captivants, et le Pineau d’Aunis subtil et épicé des Deboubertin. Que dire aussi des vins de Thomas Carsin, maitrisés, grandioses, les mots nous manquent…

La journée s’achève par une dégustation corse, Sébastien Poly (domaine U Stilliccionu) nous tend quelques gourmandises, fort appréciées par nos papilles.
Tiens, Henri Milan flâne à nouveau par ici, heureux… comme nous.

LES ANONYMES

Dimanche matin. Pas tout à fait remis de la défaite du XV de France (ahh, ces fichus Anglais), on se dirige vers les Salons Curnonsky pour le Salon « Les Anonymes ». Ici, une cinquantaine de vignerons se partage l’affiche et environ 950 têtes y vadrouillent pour la journée. Objectif : goûter, comprendre, échanger, mémoriser.
Encore et toujours.

À l’ouest d’abord, honneur à ceux qui jouent à domicile. Didier Chaffardon est là, notre vigneron barbu préféré et ses vins inclassables. On découvre François St-Lô, installé à Berrie dans la Vienne. Un chenin minéral et bien vif. Nous filons vers le Languedoc-Roussillon, évidemment confiants, pour dire bonjour et siroter Vie et Sève de Pierre-Nicolas Massotte, pour re-goûter les bijoux de Julien Peyras mais aussi pour discuter avec l’ami Thomas Rouanet de ses grands Languedoc équilibrés et sanguins. Le costaud Pierre Cotton nous entraîne vers le Beaujolais sans mal, des Brouilly franchement assez bluffants.

Mais que serait un salon sans un passage dans le Jura ? Nous décidons donc à l’unanimité de stationner au domaine de l’Octavin pour profiter de la sincérité remarquable des jus d’Alice Bouvot et Charles Dagand. Dernier saut en Auvergne, chez Vincent Marie du domaine No Control, intenses, les gamay et les pinots noirs du jeune homme nous ont conquis !
Trois salons visités et déjà l’envie d’être à demain pour la grande et unique « Dive Bouteille ».

LA DIVE BOUTEILLE

Escale finale de ces trois jours bien remplis, La Dive Bouteille, à Saumur. Pendant deux jours, les caves Ackerman absorbent 4 000 passionnés et camouflent plus de 150 vignerons. Adieu la lumière naturelle, bonjour la vie souterraine !

Allez savoir pourquoi, nous commençons par la Champagne. Valérie Frison nous offre de belles bulles, ciselées, vineuses, racées et merveilleuses. Ça ne pouvait pas mieux débuter ! Un saut par l’Alsace où Catherine Riss expose sa cuvée d’assemblage ovni Pied de nez, à base de pinot noir vinifié comme un blanc pendant que Jean-Pierre Riestch y fait goûter ses litres.
Au loin le Jura et un tonneau bondé. Celui de Fanfan Ganevat qui peut à peine respirer face à la marée de verres vides, bon courage ! Le stand de Philippe et Tony Bornard est un peu moins en état de siège mais le Ploussard est toujours aussi divin.

En Bourgogne, Fanny Sabre évidemment, histoire de se remémorer les dernières vendanges auxquelles nous avions activement participé. Jean-Yves Vantey (Rouges-Queues), lui, essaie tant bien que mal d’éviter d’être pris en photo. Presque réussi. Sans oublier la jeunesse : Julien Altaber et ses jolis pinot noir et chardonnay gourmands.
Un petit sandwich au cochon et quelques flux de lumières naturelles plus tard et nous voilà repartis.

Dans un coin des caves, le Beaujolais nous fait de l’œil. En route pour le domaine Léonis. Note spéciale pour la cuvée Brulius, un Brouilly avec un joli volume. Difficile de résister à la tentation de déguster les quelques quilles de l’ami Lapalu. Postés fièrement au bout de l’allée, Guy et Yann Bertrand livrent aux passants des gorgées de Fleurie en folie.

En parlant de folie, allons savourer la Folle Blanche de Marc Pesnot, quel personnage et quels vins ! Petite mention pour le bien nommé Chapeau Melon. Si « les vins m’étaient contés », Olivier Lemasson serait certainement dans le coin, Bois sans soif et Poivre et Sel nous agitent vivement les papilles en tout cas.

Arrêt obligatoire chez le patron Jean-Pierre Robinot, sur son 31 et à fond, comme d’habitude. Iris 13 régale par sa fraîcheur et sa matière quand Lumière des sens 14 apporte subtilité et volume. On pourrait y rester des heures au tonneau de « l’Ange Vin » et y mettre des chaussons.

Quoi de neuf dans le Sud-Ouest ? Patrick Rols propose toujours des cuvées aveyronnaises puissantes et majestueuses quand Elian Da Ros expose à qui veut bien tendre son verre sa pépite Le Vin est une Fête.

Du Rhône maintenant avec le beau Condrieu de François Dumas, les syrah tranchantes et verticales de l’ami Andrea Calek ou encore les beaux flacons du grand Marcel Richaud !
Et le Languedoc ? L’immense Jeff Coutelou qui transforme son espace en un lieu de vie semblable à un bar un vin de copains. Unique. Axel Prüfer qui sert des rouges magnifiques de buvabilité à la chaîne.

Impossible de partir sans avoir profité d’un peu du Roussillon, l’étape est forcément une réussite avec autant de talents réunis. Il y a d’abord Stéphane Morin, roi de la photo et des gourmandises épicées. Quel pied ! Son voisin de palier Philippe Wies maintient largement le niveau avec ses liquides remplis de garrigue. Dans le fond, l’occitano-africain du sud Tom Lubbe du domaine Matassa n’a plus que deux blancs à faire goûter, mais quels blancs, les amiiis !

Bref, y a pas à dire « La Dive Bouteille » est certainement le salon le plus garni, le plus physique mais surtout le plus essentiel ! On en sort plein de souvenirs, satisfaits du travail accompli, fiers de tous ces vins d’auteurs. Impossible de repartir sans une gorgée de Peaux et de Réjouissances, cuvées de la patronne des lieux Sylvie Augereau. Merci à tous, on reviendra !
Rangeons nos verres, relisons nos notes. Et retour à la vie normale…

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