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Salon #2 – Le Nez dans le Vert – Arbois – Les vignerons bio du Jura – mars 2017

Salon #2 – Le Nez dans le Vert – Arbois – Les vignerons bio du Jura – mars 2017
Le désormais incontournable salon du Jura (« Le Nez dans le Vert ») revenait au Domaine de la Pinte pour sa 7ème édition. C’est avec une météo ensoleillée que je prends la route dès le dimanche 26 mars pour rejoindre Arbois et me positionner non loin du salon. Objectif : être sur pied de bonne heure, le nez dans le verre !

Dès mon arrivée, lundi matin, je comprends que les professionnels sont déjà là, au rendez-vous. Il faut se garer en bas de la colline. Pas de problème après tout, quoi de mieux pour se mettre en jambes que de grimper pendant un bon quart d’heure la route qui mène aux caves du domaine.

Sitôt le souffle calé, se présenter à l’entrée pour obtenir le sésame (ticket du repas, verre et carnet de dégustation). Je quitte le soleil, la lumière, pour m’enfoncer dans cette cave où sont alignés les vignerons (une quarantaine, quand même). Oui je confirme, il y a du monde mais néanmoins beaucoup moins que le dimanche, jour des particuliers. Pour ce salon, les vignerons ont été restreints volontairement en nombre de cuvées (7 maximum… ouf, ça va nous reposer -un peu- les papilles et le cerveau).

Le cow-boy, les Bottes Rouges et les 7 cuvées

Je commence mon petit tour chez Alice Bouvot (Domaine de l’Octavin) et je goûte de nouveau les vins déjà en partie dégustés aux Anonymes (Angers, en février dernier). C’est donc un Chardonnay 2016 encore en élevage qui sera le vin référent pour cette matinée. Et il est en place, et même très bien en place ! On fait le tour des vins, en compagnie de 6 autres personnes, et 6 cuvées plus loin, je laisse une petite carte en disant ‘si jamais…’ 🙂 À côté d’Alice, on retrouve le cow-boy Philippe Bornard avec son grand sourire jurassien, sa bonne humeur et ses quelques pétillants naturels (seuls vins à déguster cette fois-ci).

Philippe Bornard

Désormais, je ne fais plus cavalier seul car je retrouve mes copains de Lyon (Fred du Vercoquin et Didier d’En attendant Septembre). C’est toujours plus sympa de déguster et partager à plusieurs lors d’un salon. C’est aussi le bon moyen d’échanger sur les coups de cœur ou de gueule des uns et des autres ! Mon chemin vers le fond de la cave me conduit maintenant vers l’un des petits nouveaux de Petitescaves.com : Valentin Morel (Domaine Morel ou Domaine les Pieds sur Terre). Le moment est agréable, on déguste les vins que nous proposons actuellement, sauf le Trousseau 2015 (épuisé au domaine), puis des nouvelles cuvées, déjà réservées. Et enfin, encore en élevage mais bientôt disponible, le magnifique Trousseau 2016 qui file plein de fraîcheur faire le tour de ma bouche. Paf !! Hmmmm…

Il faut se presser un peu car de 7 cuvées en 7 cuvées, je n’avance pas au rythme souhaité. Mes compagnons de route et de dégustation me proposent d’aller voir le domaine Les Bottes Rouges, dirigé par Jean-Baptiste Menigoz. Très belles sensations, en particulier – une fois n’est pas coutume – sur des Pinot noir. Nous échangeons sur les dispos, les possibilités de… « faudra voir selon, faut envoyer un email »… ce sera chose faite, n’ayez crainte chers amis !

Effet miroir et soleil levant

Je me retrouve alors dans le dernier tiers de cette cave tunnel (bien que sans fond) et la densité humaine au mètre carré est beaucoup, mais alors beaucoup plus importante… pourquoi, comment ?! La réponse vient rapidement. Les noms, ceux qui ont fait et font encore la réputation du Jura s’y trouvent. Il va falloir s’armer de patience mais comment ne pas y aller si ce n’est pour se rafraîchir et mettre à jour quelques cuvées que nous proposons sur notre site web. Au passage je tends mon verre en bout de bras au Domaine des Miroirs (Kenjiro Kagami – « Kagami » signifie miroir). Un petit domaine de 2,5 ha, 2 cuvées seulement… mais 2 perles splendides où, oui, une belle énergie se dégage. Quel équilibre, quel squelette ! Bon, là c’était histoire de se faire plaisir, rien à vendre car en réalité quasiment 90% de la production part au Pays du Soleil Levant : j’enverrai un nième email au cas où… 

Le Vin Jaune du Domaine Labet

Nous nous approchons du Domaine Labet ; Julien n’est pas là mais on y aperçoit Charline et Romain (frère et sœur de Julien). Pouhaou, que de monde, c’est pas grave, il faut y aller même si nous n’avons quasiment rien à vendre actuellement… Les vins sont magiques et en particulier un coup de cœur sur le Vin jaune 2009 qui vient d’être mis en bouteille… On rêve de… mais c’est bien de rêver non ?

Pierre Overnoy pose

Duel de star : Overnoy VS Ganevat

Mon chemin se poursuit pour aller saluer mes amis Manu & Anne Houillon et le célébrissime Pierre Overnoy. Pierre est toujours là, souriant, les yeux pétillants. Il pose avec quantité de personnes, des selfies par ci, par là. Pendant ce temps là,  Manu fait découvrir un Savagnin 2016 en élevage jeune, rond et un peu brouillon mais déjà fin avec en parallèle un Savagnin 2010 toujours en élevage en cave fraîche. Evidemment, rien à voir, et comprendre ce que le temps apporte au vin, au cépage s’appelle terroir, minéralité et complexité aromatique. Oui le cépage s’efface !! Evidemment j’ai envie de savoir quand le 2010 sera mis en bouteille : « aucune idée, d’ici 2 ans sans doute mais quand ?? je ne peux pas te dire » répond (j’imagine inlassablement) Emmanuel aux dégustateurs qui défilent non-stop. À côté des Houillon-Overnoy (leur nom officiel en fait depuis 2012, date où Pierre a adopté Emmanuel), se trouve un autre grand nom, j’ai nommé « de toute beauté ». Vous avez bien compris, le fameux Fanfan : Jean-François Ganevat, ici avec sa sœur Anne.

A gauche Anne Ganevat, puis Anne Houillon-Overnoy et Fanfan Ganevat

Plus que partout ailleurs, le monde est là, les verres sont tendus et attendent leur tour pour déguster les 7 cuvées présentées ce jour-là comme Florine 2004, Marguerite 2014, Les Grandes Teppes 2014, Cuvée Julien 2015, etc… On a beau se dire que l’on va être critique avec les vins, le résultat est sans appel : oui, ce sont de grands vins ! Les blancs 2014 sont d’une vivacité, une pureté cristalline … houaouu l’attente valait le détour. Je parle de dégustation car pour discuter, inutile et sans espoir. On a le droit comme pour tout le monde à un sympathique « voilà mon lapin ! »… Il est temps de repartir dans l’autre sens pour découvrir d’autres domaines comme Les Marnes Blanches (avec un magnifique traminer, sorte de savagnin muscaté). J’attends quand même les tarifs 😉 On déguste un trousseau sublime chez Etienne Thiébaud (Domaine des Cavarodes) puis on se pose un peu plus longuement chez Loreline Laborde (Domaine les Granges Paquenesses) avec un Chardonnay sous voile bien maitrisé, ce qui est rare car très difficile dans sa réalisation. Rien à vendre, « liste d’attente de plus de 3 ans » dit elle… gloups. Je passe sous quasi silence les quelques verres de dégustation chez Tissot, un bref passage à la Tournelle (les blancs sont toujours parmi mes préférés).

On fait le bilan, calmement

Voilà trois bonnes heures que nous dégustons sous terre, il est grand temps de regagner le soleil et se faire un petit casse-croûte offert par les vignerons ! Merci les gars. Plat traditionnel du Jura : saucisses, pomme de terre, échine de porc, morceau de comté voilà de quoi se caler. Pour remplir les verres, la cuvée Ginglet 2014 (trousseau) de Philippe Bornard. Slurp… Petit tour au soleil, puis café, et enfin chercher et retrouver Anne Houillon-Overnoy pour récupérer quelques vins de chez eux, pour le plaisir évidemment (chut !!).

Pour le Déjeuner, Ginglet 2014 de Philippe Bornard…

Il est 15h++, il est temps de reprendre la route avec un petit détour chez Hersinger à Arbois (Chocolatier M.O.F) et direction la casa.

Ce salon fut de nouveau un joli millésime, avec le sentiment quand même que cela va être de plus en plus compliqué pour obtenir du vin du Jura où désormais les terroirs sont grandement reconnus. En tous les cas, j’ai bien mis le nez dans le verre une bonne partie de la journée et j’espère bien que nous aurons quelques nouvelles positives d’un ou deux domaines sélectionnés. Cela serait déjà une réussite en soi. 🙂

Rendez-vous à l’année prochaine !

Tom le sommelier

 

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