Naturellement Petitescaves

Portrait / Henri Bonneau, l’ange gardien du métier

Portrait / Henri Bonneau, l’ange gardien du métier
Voilà un personnage singulier qui nous a hélas quitté en 2016. D’aucuns parlent de Monsieur Henri Bonneau comme d’une légende, d’autres d’un vinificateur de génie, d’un homme de caractère ou encore d’un simple paysan.

Henri Bonneau était un homme modeste, quasi tout le temps habillé d’une salopette de travailleur, comme un vrai paysan à l’ancienne. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’homme en imposait.

Né en 1938, Henri Bonneau représentait la douzième génération de vignerons du domaine où il a vinifié pour la première fois en 1956. Alors comment ses vins ont-ils mis tout le monde d’accord, peut-être par le « mythe » qui entoure ses vins ? Un secret ? Henri Bonneau répondait justement que le secret, c’est qui n’y en a pas ! D’ailleurs, il ne se posait même pas la question du bio. Il cultivait sa vigne comme à l’époque où la chimie n’existait de toute façon pas. Le domaine a toujours travaillé en petit rendement (entre 10 et 15hl/ha) sur des raisins récoltés tardivement et Henri a perpétré la tradition.

Les fermentations : en cuves béton avec levures indigènes, sans contrôle de température, sans soufre et peuvent durer parfois 1 an. A la fin de la fermentation, les vins passent en barriques bourguignonnes, toutes de plus de 10 ans. Là, l’élevage va durer entre 6 et 10 ans jusqu’à ce que Henri Bonneau décide de mettre le vin en bouteille. Rien n’était déterminé à l’avance. Il décidait du nombre de cuvées pour chaque millésime à la dégustation des barriques. Il en était de même pour la destination du vin dans telle ou telle cuvée. La cuvée n’était pas une vinification parcellaire mais belle et bien décidée gustativement. Seul Henri Bonneau savait ce qu’il faisait, en traçant des signes énigmatiques à la craie sur les barriques…

En 2001, henri achetait avec son fils Marcel quelques vignes dans le Gard, dont est issue la cuvée « Les Rouliers ». (cuvée systématiquement en Vin de Table, Henri n’aimait pas l’administratif…)

Parlons-en de Marcel justement, l’héritier que Henri a toujours associé à son entreprise et qui, depuis l’âge de 14 ans, travaille dans les terres et à la cave. C’est donc le successeur légitime qui a pris les rênes du domaine épaulé par un proche, Régis Charmasson. Du coup, et malgré quelques rumeurs, aucune spéculation tarifaire n’a été envisagée et la continuité sur les procédés d’élevage est assurée. En bref, le domaine de 6 hectares essentiellement composés de Grenache (85%) plantés sur le prestigieux plateau du Cruau est et sera bien gardé !

Plus que ça, les convictions et le bon sens paysan d’Henri Bonneau, qui disait : « Je préfère boire un vin basique avec des gars sympas qu’un grand flacon avec un imbécile ! » brilleront encore dans le paysage vinicole français et mondiale. Nous voilà heureux !

Pour s’inscrire à la vente privée du 25 septembre, cliquez sur l’image.

Laisser un commentaire