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Les jeunes vignerons #2 / Olivier Cohen : « Ce métier oblige à être courageux »

Les jeunes vignerons #2 / Olivier Cohen : « Ce métier oblige à être courageux »
Originaire de Nice, Olivier Cohen a passé quelques années à observer les vignerons dont Thierry Allemand avant de reprendre en 2014 un domaine de 7 hectares à Argelliers (Hérault), il avait alors 27 ans. Aucun intrant chimique à la vigne ni aucune correction oenologique à la vinification, Olivier laisse parler le terroir et le verdict est sans appel ! Rencontre.

À QUAND REMONTE TON RAPPORT AU VIN ET À LA VIGNE ?

Au bar à vin « La Part des Anges » à Nice. J’étais encore au lycée et j’y ai bu ma première bouteille de Dard et Ribo. Après ça, impossible de vivre sans vin. 

TU AS TOUT DE SUITE ENVIE DE DEVENIR VIGNERON ?

La vigne, c’est arrivée plus tard après une année de vadrouille. Au cours de cette année 2010, je suis passé chez la famille Arena puis la famille Rivaton près de Maury et enfin la famille Valette. Ces familles m’ont donné envie de vivre en cultivant des vignes. J’ai franchi le pas en 2014 après une courte année chez Thierry Allemand et un stage chez les frères Gonon en Ardèche. Comme j’était motivé pour trouver des vignes où passe facilement un tracteur, j’ai cherché. Et en janvier 2014, j’ai trouvé. Bernard Boubal, le vigneron, voulait prendre sa retraite et cédait ses 7 hectares de vignes qu’il cultivait en bio depuis quelques années.

COMMENT SE DÉROULE L’INSTALLATION ?

Bernard m’a réellement accompagné dans mon installation et je peux encore compté sur lui. Sa présence m’a permis de m’intégrer facilement puisqu’il est respecté dans tout le village. En plus de ça, il y a toute de suite eu une réelle entraide, une discussion ouverte et stimulante entre les cinq vignerons du coin. Puis, je n’ai pas oublié les copains comme Antoine Arena ou Philippe Valette qui décrochaient toujours le téléphone quand j’avais besoin d’eux !

TU EN VIS BIEN AUJOURD’HUI ?

Disons que…grâce à ma femme qui est orthophoniste on arrive à s’en sortir. Mais le gel de cette année va un peu compliquer les choses.

QU’EST-CE QUE CE MÉTIER A CHANGÉ DANS TA FAÇON DE VIVRE ?

Ce métier oblige à être courageux et ne pas trop faire le malin. Autant dire que tout ça me fait du bien puisque j’ai tendance à l’ouvrir un peu trop…

LE NERF DE LA GUERRE, C’EST AUSSI LES SALONS ?

Les salons c’est surtout l’occasion de voir les copains. Si je fais des salons aujourd’hui c’est aussi grâce à eux, en particulier à la famille Senat. D’ailleurs, j’oublierais jamais le coup de fil de Charlotte Sénat en octobre 2014. J’avais vinifié 250 hectolitres pour la première fois et elle m’a proposé tout de suite de venir faire gouter mon vin au salon qu’elle organisait. Un vrai soutient pour moi. Sylvie Augereau m’a aussi permis de participer à la Dive dés le début, un salon mythique.

COMMENT SE PORTE LE VIN DANS L’HÉRAULT ?

Je ne sais pas comment le vin évolue dans l’Hérault en particulier mais je croise plein de vignerons formidables, motivés pour faire des vins vibrants !

ET LES AOC, ON EN PARLE ?

Je ne parle pas d’ AOC. J’ai décidé de ne pas y adhérer et je connais peu ces organismes de certification. C’est un choix.

QUE PENSER DU MONDE DU VIN ACTUEL ALORS ?

Le monde du vin actuel est réjouissant, beaucoup de gens parlent, écrivent, font des films. Tout ça fait vivre le vin et c’est une bonne nouvelle. Mais pour que le monde du vin vive durablement, il faut boire et se faire plaisir, voilà le plus important. 

Pour les vins d’Olivier Cohen, c’est par là >>

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